Tout est vrai.

Bienvenue dans le monde de Thomas Raphaël, où les récits d’asile psychiatriques remplacent les histoires du soir, les mononucléoses se transmettent de père en fils, et les histoires d’amour naissent au crématorium.

Quand il se perd, au fond d’un sex-club ou à l’anniversaire de Mick Jagger, c’est par l’humour, toujours, qu’il retrouve un chemin.

Héléna Villovitch, ELLE
Pas un poil de cynisme mais un réel talent pour faire sourire par son humour doux et sa bienveillance.
Bérengère Krief
J’ai ri seule devant mon livre, je me suis délectée, j'ai été émue : j’aime Thomas Raphaël pour la justesse infinie avec laquelle il décrit des sentiments que je connais si bien mais sur lesquels je n’avais jamais mis de mots.
Blanche Gardin
Thomas Raphaël a atteint son but : il est "universellement aimable, comme Laurent Romejko". (Vous comprendrez). Mais en plus il est très, très, très drôle. Comment vivre sans lui une fois qu'on a fini?
Adèle Bréau, ELLE.fr
Cet anti-héros émouvant, qui est forcément un peu nous, se dévoile dans un joli style à la fois aérien, poétique et tout à coup super drôle. Thomas Raphaël, décidément, n’en finit plus de grimper le long de l’échelle du hip-hop (vous comprendrez).
Frédérique Le Teurnier, France Bleu
Thomas Raphaël décrit avec une infinie justesse ces petits instants de la vie qu'on croit anecdotiques mais qui sont en fait les plus importants. Toujours drôle, parfois grave, triste, interpellant, nostalgique, des moments de vie succulents.
Julia Molkhou, C8
J'ai adoré. Sans filtre et sans tabou, à mi-chemin entre le recueil de chroniques et le journal intime, c'est délicieux, ne passez pas à côté.
Eva Roque, Télé7jours
Un sens délicieux de l'autodérision. On navigue en souriant dans ce monde où des bulles d'émotion éclatent dans le comique de situation.
Retard Magazine
On a adoré.
Public
Un portrait bourré d'humour et de tendresse.
Closer
Ce n'est pas parce c'est une autobiographie que Thomas Raphaël a perdu son sens de l'humour, bien au contraire... Et si c'était le livre de la rentrée ?
Vie Pratique
Vif et alerte, avec une pointe de cynisme pleine de charme, le style de Thomas Raphaël se déploie avec allégresse et entraine le lecteur dans un univers plein d’autodérision. Très drôle.
L'étudiant autonome
Pudique et drôle, véritablement sans tabou, le livre nous fait penser au film "Le premier jour du reste de ta vie", avec nostalgie et bienveillance.
Serengo
Thomas Raphaël marie le punch d'un humoriste de stand-up à la langue de Jean d'Ormesson. Résultat: des nouvelles autobiographiques irrésistibles, entre Woody Allen et David Sedaris. Fou rire assuré.
C’est un travail que j’ai commencé avant les romans. Et j’ai toujours tenu un journal. Je ne sais pas terminer ma journée autrement qu’avec la liste de ce que j’ai vu. Souvent, j’ai l’impression d’être passé à côté de tout. Alors je rembobine et je revisionne. Ce qui m’angoisse, c’est que la vie n’ait pas de sens. J’ai besoin de creuser jusqu’à ce que j’en trouve un. Comme dans les films policiers : on colle au mur plein de photos, plein de documents, puis on tire des fils pour faire apparaître des connexions qui finissent pas donner du sens au chaos. Je suis excité quand la trame d’une histoire m’apparait. Quand je découvre une signification secrète dans des détails que j’ai failli ne pas remarquer.
Pour ça, mon journal suffirait. Ce que j’aime, avec ce livre, c’est partager une forme d’excitation qu’il y a à dominer nos vies en les racontant. Ma vie est assez ordinaire. Et c’est ça que je trouve intéressant. Ce qui me plait, c’est ce travail de narration qui montre que chaque vie peut être poignante, drôle, bizarre ou poétique. Ça ne signifie pas qu’on triche avec les faits. Les faits sont les faits. Mais on garde toujours le choix du regard qu’on pose sur les choses. C’est grisant d’avoir ce pouvoir-là.
Je trouve que la vie est trop chaotique pour être résumée en un seul récit cohérent. On a tous plusieurs identités superposées. C’est impossible de toutes les raconter en même temps. Mais à la fin, quand on colle les histoires les unes aux autres, elle se mettent à dialoguer, et elles dessinent un portrait plus subtile, plus complet et plus vrai que ne pourrait le faire un seul récit où tout devrait tenir d’un bloc. Par ailleurs, j’aime que les lecteurs fassent eux-mêmes des connexions entre les histoires. J’aime aussi que rien ne soit terminé : de nouvelles histoires, forcément, viendront s’ajouter à celles qui existent déjà.
Parfois, on trouve le monde absurde, on se sent dépassé, on se demande même si quelqu’un ne serait pas en train de se moquer de nous, mais on a toujours l’humour, quoiqu’il arrive, pour reprendre la main. Même juste un peu. En se moquant des autres, et en se moquant de soi, on ne perd jamais totalement. Ou alors on perd, mais avec dignité. Quand je rencontre des gens qui prennent tout sérieusement, ce qui heureusement est quand même rare, je ne sais pas avoir de relation avec eux. J’essaie, mais j’attends le moment où ils vont éclater de rire en me disant qu’ils m’ont bien eu. Je scrute leurs yeux et je me demande s’ils sont vivants.
Paradoxalement, je me sentais plus exposé avec mes romans puisque tout sortait de mon imagination – ce que, pour le coup, je trouve impudique. Là, avec ce livre, je me sens protégé par le fait que tout est vrai. Si des lecteurs décident qu’ils n’aiment pas une histoire, ou qu’ils n’aiment pas le personnage principal, c’est-à- dire moi, je serai déçu. Mais je pourrai aussi hausser les épaules en me disant que c’est la réalité qu’ils n’aiment pas. On n’y peut pas grand-chose si la réalité ne plait pas aux gens. Par ailleurs, j’aurai eu la chance, une fois dans ma vie, d’écrire quelque chose qui me ressemble intégralement. Je me sens protégé par cette joie-là.
Il y a mon journal qui m’aide. Il y a les récits de mes proches. Il y a des photos. Et il y a mes souvenirs. Je ne pense pas avoir une mémoire particulièrement puissante. Mais c’est étonnant de voir tous les détails qui remontent dès qu’on attrape le bout de la pelote. Après, dans tout récit de mémoire, il y a forcément une part de reconstruction. Ce n’est pas grave : on n’est pas construits par les faits mais par la façon dont on les a vécus. Je très suis attaché à la vérité, mais je sais que le même événement raconté par une autre personne présente au même moment ne donnerait pas la même histoire. Ce qui compte, ce sont les traces que les événements laissent sur nous.
Il y a certaines phrases déterminantes dont je suis certain qu’elles ont été prononcées exactement comme ça. Mais la plupart des dialogues, oui, sont reconstruits. J’ai fait relire le livre à la plupart des gens dont je parle et personne ne m’a demandé de changer quoi que ce soit. Il y a une exception : dans « Souvenirs d’Isabelle », tout est exact au mot près. C’est la retranscription d’une conversation que j’ai eu avec ma grand-mère Isabelle avant sa mort. Je nous avais enregistrés.
Mon père a trouvé ce livre impudique. Il m’a dit qu’un père n’était pas censé connaître ces choses-là. Ma mère a été gênée aussi, mais à la troisième lecture elle a réussi à oublier que ça parlait de nous. Moi je trouve qu’il y a quelque chose d’agréable à savoir qu’on a, avec ses parents, une relation entièrement sincère. Ça rend adulte. Mes frères, eux, m’ont dit qu’ils avaient bien ri. Mon amie Sophie qui m’a demandé pardon de ne pas avoir pu m’aider à certains moments de ma vie qu’elle a découverts avec le livre. Ça m’a beaucoup touché, et en même temps ça m’a surpris car je n’ai jamais été malheureux. Il ne m’est jamais rien arrivé d’insurmontable. Ce que j’aime, moi, justement, c’est avoir des choses à raconter dans mon journal.